La permaculture

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Mon jardin en vrac dans lequel tout interagit, parfois à mon insu…

La permaquoi ?

Quand on pense permaculture, la première image qui vient est souvent celle d’un bucolique jardin sauvage (un peu comme le mien sur la photo ci-dessus), comme laissé à l’abandon d’où dépassent trois courgettes et deux choux rongés en dentelle. En réalité il n’y a pas de jardin type, même si pour faire fonctionner les écosystèmes entre eux les plantes se chevauchent et sont parfois plantées serrées.

La spirales aromatiques, les butes en spirale et autres planches de cultures ne font pas non plus la permaculture à elles seules. Il s’agit d’un concept plus complet et assez simple à la fois.

Définition

Je vous propose ma définition, suite à l’expérimentation que j’en fait dans mon jardin, au quotidien. Je ne pose que ce que j’ai expérimenté et n’y voyez là dedans aucun dogme. Certains manques et autres ombres sont à considérer comme mes futurs apprentissages.

La permaculture ou culture permanente est un mode d’action non figé qui prend en considération la biodiversité de chaque écosystème en l’intégrant dans les modes de production humains. L’objectif étant de respecter le vivant tout en produisant son alimentation au profit du développement durable, et de limiter son impact sur la nature.

Les résultats attendus sont par exemple :

  • Une productivité égale ou supérieure à la culture industrielle standard
  • Des produits ayant des vertus nutritives plus performantes que ceux produits industriellement
  • Un impact minimal sur les écosystèmes en place
  • Une empreinte carbone quasi nulle
  • Une diminution des actions mécaniques sur le sol et moins d’efforts
  • etc.

 

Elle se base sur 3 points éthiques :

– Respect de la Terre,

– Respect de l’Homme et des peuples,

– Créer l’abondance et redistribuer les surplus

 

et 12 principes :

Observer et interagir
Capter et stocker l’énergie
Obtenir une production
Appliquer l’autorégulation et accepter la rétroaction
Utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables
Ne produire aucun déchet
La conception, des grandes structures au détail
Intégrer au lieu de séparer
Utiliser des solutions lentes et à petite échelle
Se servir de la diversité et la valoriser
Utiliser les bordures et valoriser la marge
Face au changement, être inventif

En épluchant le net, nous trouvons mille et une définitions sourcées qui ont toutes leur raison d’être car dans les grandes lignes, elles rejoignent les points cités en premier paragraphe. Je dirais que l’important n’est pas de chercher la vraie permaculture, mais d’y trouver celle qui nous convient le mieux afin d’éviter des débats stériles sur le sujet.

Méthodes

Pour y parvenir, il existe diverses méthodes de culture ou techniques qui sont parfois confondues avec la définition elle-même. Nous trouvons par exemple la technique du paillage, de la fertilisation d’un sol en couches successives de végétaux, la formation de butes de culture inspirées des pays de l’est, etc…

Je distingue quelques phases clés dans la permaculture :

  • L’observation
  • La planification
  • L’action
  • L’observation
  • L’ajustement
  • L’observation

Vous l’aurez compris, l’observation reste la plus importante partie d’une démarche en permaculture. En partant du principe que nous allons intervenir dans un milieu (en l’occurrence le jardin) en y apportant des espèces productrices et non locales, il est important d’observer ce qui se passe comment cela se passe avant notre intervention.

Qu’est-ce que je veux vraiment?

Avant de se lancer, je recommande de savoir ce que l’on veut vraiment obtenir en pratiquant la permaculture afin d’éviter des déceptions. Veux-on des récoltes abondantes, éliminer les produits toxiques de son alimentation, viser l’autonomie, étudier un système, etc.? Les interventions ne seront pas les mêmes, ni les résultats en fonction de son terrain/balcon/domaine agricole et de ses finances. Pour ma part, j’ai adopté la permaculture pour nourrir ma curiosité et pour pousser plus avant ma volonté de préserver le sol et le monde vivant.

Pas de panique! Quoi que l’on fasse on va tout péter!

Si le jardin n’a pas bougé durant des années et que la jardinière sur le balcon a toujours la même allure de micro-jungle depuis 4 ans, cela veut dire qu’un équilibre très élaboré et stable s’est installé entre différentes espèces, dans un microclimat particulier. Le pissenlit et le thym rabougri de votre jardinière attirent et nourrissent  peut-être des osmies qui pollinisent le rosier et l’oranger de la voisine. Par la même occasion cela intéresse peut-être des guêpes qui vont se nourrir de petits insectes notamment des mouches. Avons-nous vraiment envie de raser tout ça pour quelques herbes aromatiques ? Observons bien ce qu’il se passe avant afin de pouvoir remplacer les bons éléments. En arrivant avec une petite pelle et trois plants de tomates nous allons chambouler le système (et ceux qui sont proches) au risque de mettre en péril nos futures cultures et les espèces interdépendantes (animaux, insectes, pédofaune, etc.). C’est pourquoi en permaculture il est important de chercher à connaitre au maximum le fonctionnement d’un terrain et tous les écosystèmes qui interagissent entre eux avant d’agir.

Hop, à l’eau !

Une fois l’observation faite, nous pourrons alors planifier des actions qui vont soit préserver les écosystèmes en place, ou alors plus vraisemblablement les remplacer ou bien alors en créer de nouveaux dans le but d’obtenir un nouvel  équilibre, le plus autonome possible, avec les espèces en places et les structures récemment introduites (essayons de planter entre les salades des plantes mellifères qui attireront les fameuses osmies p.ex).

Un élément = plusieurs fonctions

Comme point de repère, on peut dire qu’un élément doit avoir plusieurs fonctions. Par élément on entend soit une structure (toit, bassin, mur, poulailler, etc.) soit un être vivant (arbre, plante, etc.) qui font partie du milieu ou qui le bordent. Cette multitude de fonction permet d’interagir avec d’autres éléments, créant ainsi une interdépendance organique. Ainsi plusieurs éléments peuvent avoir la même fonction et ainsi créer un système capable de résister à des manques car assumés par différentes manières.

Par exemple, le toit de ma maison protège des intempéries et isole l’espace de vie, il peut aussi faire office de collecteur d’eau et de support pour capteurs solaires. Les extrémités abritent les oiseaux qui y nichent. Les oiseaux mangent les insectes nuisibles du jardin, se nourrissent du tas de compost et le fertilisent par la même occasion. Ils attirent les chats qui vont éloigner d’autres nuisibles, etc.

Le tas de compost permet de diminuer la taxe d’élimination des déchets, il converti les déchets en matière fertile pour le sol. Il attire toute une faune qui participe à l’élimination des nuisibles (oiseaux, insectes, etc.) et sert d’abri à d’autres espèces. Si le temps devient sec, l’eau stockée du toit m’aide, et une fois le réservoir vide, j’ai la possibilité d’arroser en prélevant l’eau à la fontaine du quartier, etc.

Avec cette réflexion de base : Quelle est la fonction de cet élément dans mon jardin ? Il est possible de faires des découvertes très intéressantes et bénéfiques pour son jardin.

Pas que des plantes

La permaculture s’étend bien au delà du domaine de l’agriculture. Elle prend en compte l’environnement de l’écosystème et tente de s’harmoniser avec (voisins, jardins ou cultures proches, points d’eau, accessibilité, politiques, etc.) afin de fonctionner de manière la plus autonome possible, favorisant les échanges et la distribution des ressources.

Réflexions

Certains courants de permaculture tentent d’intégrer une vision spirituelle et un mode de vie particulier, se basant sur la volonté de devenir autonome dans une société essentiellement basée sur le profit.

Mon point de vue sur le sujet est que si la permaculture respecte les peuples et les hommes dans ses valeurs éthiques, elle ne devrait pas imposer de style de vie particulier, mais plutôt apporter à une culture (pays, région, zone, quartier, etc.) des solutions concrètes pour maintenir son existence et ses valeurs de manière durable.

Actuellement, le milieu scientifique s’intéresse à cette méthode de culture. Des universités ouvrent des formations (CAS, DAS) sur le sujet et de plus en plus de sites commencent à référencer leurs compétences sur des bases scientifiques.

Nous avons besoin de la science pour tenter de comprendre certains éléments précis et apporter des réponses, c’est indéniable. Cela dit, notre système actuel basé sur le profit et la reconnaissance académique unilatérale m’inquiète beaucoup. Cela voudra bientôt dire que toute personne voulant prétendre apporter du savoir dans le domaine devra obligatoirement passer par un cursus long et couteux. Quid de tous ceux qui font de l’expérimentation concrète, documentée et qui font des découvertes insolites et vitales dans leurs biotopes ? Pourront-ils faire valoir leur savoir qui est basé sur une appréhension globale et non spécialisée de la discipline ?

Quelques points de départ

Je mets ici deux liens qui m’ont bien aidé à débuter.

Ce premier Lien offre de bons outils (vidéos) pour planifier et gérer un projet en permaculture, avec une méthode simple. Le site offre aussi des formations et des solutions payantes clé en main, mais cela ne m’a pas intéressé parce que j’aime me planter et chercher des solutions, à vous de voir.

Le lien suivant m’inspire beaucoup par la personnalité du permaculteur Damien Dekarz qui anime des vidéos très pratiques et emplies de bon sens.

J’ai choisi ces sites car les propos sont clairs et non dogmatiques.

A suivre